Seoir (verbe)


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Être assis. Il n'est plus guère en usage qu'à ses participes "Séant" et "Sis." Voyez SÉANT et SIS.
SE SEOIR signifiait S'asseoir. Il n'est plus employé qu'en poésie et dans le langage familier, dans ces formes de l'impératif : "Sieds- toi, seyez-vous." Il est vieux.



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Être convenable à la personne, à la condition, au lieu, au temps, etc. Ce verbe, dont l'infinitif n'est plus en usage, ne s'emploie qu'à certains temps, et toujours à la troisième personne du singulier ou du pluriel, "Il sied, ils siéent, il seyait, il siéra, il siérait," ainsi qu'au participe présent, "Seyant;" il n'a pas de temps composés. "Cela vous sied à merveille. Les couleurs trop voyantes ne lui siéront pas. La toilette de cette femme lui seyait mal. Ces couleurs vous seyant si bien, vous devez les préférer à d'autres."
Il s'emploie aussi impersonnellement. "Il sied mal à une femme de trop montrer son savoir. Il ne sied pas à un fils de contredire son père." Ironiquement, "Il vous sied bien de vouloir réformer les autres!"
Le participe présent "Seyant" s'emploie adjectivement. Voyez ce mot à son rang alphabétique.



1ère définition d'Emile Littré




 1   Être assis.
MALH.: « Le Thermodon a vu autrefois Des reines au trône des rois »
LA FONT.: « Il la fit »
PASC.: « Comme Jésus-Christ a souffert durant sa vie mortelle, est mort à cette vie mortelle, est ressuscité d'une nouvelle vie, est monté au ciel, et sied à la droite du Père, ainsi le corps et l'âme doivent souffrir, mourir, ressusciter, monter au ciel et à la dextre »
SAINT-SIMON: « Pas un évêque n'a voulu entrer au conseil, par l'indécence d'y après un homme de second ordre »
SAINT-SIMON: « Les chevaliers de l'ordre, mandés par le roi, seient en bas, et n'ont point de voix »

 2   Se , v. réfl. S'as ; peu usité, s'emploie quelquefois familièrement ou en poésie au présent de l'indicatif, à l'impératif et à l'infinitif.
RÉGNIER: « Je m'approche, me sieds, et m'aidant au besoin.... »
CORN.: « Carlos, y voyant une place vide, s'y veut »
CORN.: « Sieds-toi, je n'ai pas dit encor ce que je veux »
CORN.: « Il se sied, il lui dit qu'il veut la voir pourvue »
CORN.: « Seyez-vous, et quittons ces petits différends »
LA FONT.: « L'heure du souper étant venue, chevaliers et dames se furent à leurs tables assez mal servies »
A. CHÉN.: « Salut ! vois, l'on t'apporte et la table et le pain : Sieds-toi »

HISTORIQUE
    Xème siècle
     Fragm. de Valenc. p. 468: Et si [il] sist contra orientem civitatis
    XIème siècle
     Ch. de Rol. VIII: Sur palies blans siedent cil chevalier
     ib. XVII: Alez sedeir, quant nuls ne vos somunt
    XIIème siècle
MACHAB.: « Je sui retornez en mon regne, e ai sis sor le siege de mes peres »
     Couci, III: Que li faus entes [enfant] ki crie Pour la bele estoile avoir, Qu'il voit haut et cler
     Sax. VI: Entour lui [il] vit ses homes seïr et arrangier
     Rois, p. 16: E Hely sedeit sur le chemin devers l'ost
     ib. 223: Sire, sire, as-tu cumanded que Adonias regne et siesced en tun trone cume reis après tun decet ?
    XIIIème siècle
VILLEH.: « Cis Nullis siet entre Laigni sur Marne et Paris »
     Berte, XXVIII: Cil dame Diex, fait ele, qui haut siet et loin voit
     la Rose, 2207: Et se tu siez bien à cheval, Tu dois poindre amont et aval
BEAUMANOIR: « Si vint à l'uis, si vist que c'estoient sis vallet et femes avec eus, et sooient à une table »
    XIVème siècle
     Ordonn. des rois de Fr. t. III, p. 583: Laditte confrarie doit [avoir ses séances] le premier dimenche
FROISS.: « Messire Charles de Blois et les seigneurs dessus nommés sirent assez longuement devant la cité de Rennes »
     Perceforest, t. VI, f° 40: Le chapperon luy eschappa de la main dextre, et s'en alla à l'aide du vent assez près d'ung chevalier qui se delectoit à regarder vers les pucelles
    XVIème siècle
CALV.: « Comme un pelerin lassé ou defaillant se sied au milieu de la voye pour reposer »
CALV.: « Il [Jésus-Christ] est seant à la dextre du pere »
MONT.: « Je veulx que l'esprit s'y seye [au plaisir de la table], non qu'il s'y couche »
AMYOT: « Jà Dieu ne plaise que je seye jamais en chaire, dont je ne me puisse lever au devant d'un plus vieil que moy »
AMYOT: « Il voulut que les serfs, ès festes de Saturne, se seissent à table pour manger avec leurs propres maistres »
AMYOT: « Caton y arriva, que tous les autres estoient desjà à table, et demanda où il se serroit »
D'AUB.: « [ô Dieu, est-ce que] Ne partiront jamais du throsne où tu te sieds Et la Mort et l'Enfer qui dorment à tes pieds ? »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, se soyer, au subj. qu'il siese ; provenç. sezer, cezer, seire ; anc. catal. seser, siure ; catal. mod. seurer ; ital. sedere ; du lat. sedere ; comparez le grec, siége ; goth. sitan, être assis ; allem. sitzen.


2ème définition d'Emile Littré




 1   Être convenable, bien aller. Ces couleurs vous seyant ou séant si bien, vous devez les préférer aux autres.
CORN.: « Si près de voir sur soi fondre de tels orages, L'ébranlement sied bien aux plus fermes courages »
SÉV.: « Mme de la Fayette lui répondit bonnement : ha ! mon Dieu, madame, ne le faites point, cela ne sied bien qu'aux jeunes personnes »
RAC.: « Mais, hélas ! en ce temps d'opprobre et de douleurs, Quelle offrande sied mieux que celle de nos pleurs ? »
FONTEN.: « Il les donnait [ses mémoires] avec une modestie et une espèce de timidité qui seyait tout à fait bien à un homme de guerre transplanté dans une assemblée de savants »
MASS.: « Des sociétés qui ne siéent ni à votre rang ni à votre sexe »
MONTFLEURY: « Ce qui sied bien au corps sied très mal à la bourse »
MONTFLEURY: « Un peu d'aide souvent sied bien à la beauté »
LAMOTTE: « La voilà dans un âge où un mari ne lui siéra pas mal »
VOLT.: « Voici l'âge d'or qui succède à l'âge de fer ; cela donne trop envie de vivre, et cette envie ne me sied point »
VOLT.: « Je commence à croire que nous devenons trop Anglais, et qu'il nous siérait mieux d'être Français »
J. J. ROUSS.: « Elle n'aime point ce qui brille, mais ce qui sied »
GENLIS: « La marquise : Voilà un drôle de bonnet. - Mlle Ledoux : Je l'ai inventé et fait cette nuit ; il siérait bien à madame »
    Impersonnellement.
MOL.: « Quoi ! vous iriez dire à la vieille Émilie Qu'à son âge il sied mal de faire la jolie ? »
MOL.: « Sied-il bien à des dieux de dire qu'ils sont las ? »
BOILEAU: « C'est à toi, Lamoignon.... Qu'il sied bien d'y veiller pour le maintien des lois »
RAC.: « Mais siérait-il, Abner, à des coeurs généreux, De livrer au supplice un enfant malheureux ? »
Mme RICCOBONI: « Quand je vous traite avec bonté, il vous sied mal de montrer de la hauteur »
V. HUGO: « Il vous sied, mon amie, D'être dans mon malheur toujours plus raffermie »
    Ironiquement.
RAC.: « Il sied bien.... Trop aveugle ministre, Il te sied bien d'avoir en de si jeunes mains, Chargé d'ans et d'honneurs, confié tes desseins ! »
RAC.: « Perfide, il vous sied bien de tenir ce discours ! »

 2   Concorder, aller ensemble.
RÉGNIER: « Avecque la beauté mon humeur ne sied pas »
MOL.: « Oui, c'est lui qui le dit ; et cette vanité, Monsieur, ne sied pas bien avec la piété »

REMARQUE
    St-Simon a dit seyé au participe ; mais cela est barbare : J'avais avec eux la liberté de leur tout dire qui n'eût pas seyé de même à la dévotion du duc de Charost, 302, 285.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Sax. IV: Bien li sistrent les armes, si s'en sut bien aidier
    XIIIème siècle
     la Rose, 14112: Car quant chascun jadis veoit La fame qui miex li seoit
     Fl. et Bl. 2907: Grailles li flancs, basses les hance, Moult li siet bien sa destre mance
    XIVème siècle
ORESME: « Il n'est nul quelconque à qui il siece ou appartienne plus assavoir meilleurs choses et plusieurs, que il appartient au prince »
    XVème siècle
FROISS.: « Et, si Dieu m'aist, le courage m'en sied trop bien que nous en viendrons à notre dessus »
    XVIème siècle
MAROT: « Pensez qu'à Ambres bien sierroit, Ou à Carris, qui les verroit Combattre en ordre et equipage, L'un un valet et l'autre un page »
MAROT: « Un critique dit là dessus : ....Mais si tu leur bailles ung eschec Du mot serroit, qui n'est mot grec, Et du latin n'a delivrance ; Parle françois, ou cloz le bec, Car serroit n'est receu en France »
AMYOT: « Il siet mal à un homme qui n'a plus de ville ny de maison, de prescher ceulx qui en ont de les abandonner »
AMYOT: « Il avoit la langue un peu grasse, ce qui ne luy seoit pas mal »
MONT.: « Il n'est homme à qui il siese si mal de.... »
MONT.: « La mort la plus muette me semble la mieux seante »
MONT.: « Il vous siera mieux de vous resserrer dans le train accoustumé »

ÉTYMOLOGIE
    Le même que 1, parce que ce qui est bien assis est séant.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Être assis. Il n'est plus guère en usage qu'à ses participes "Séant" et "Sis." Voyez SÉANT et SIS.
Il s'employait aussi autrefois avec le pronom personnel, "Se ;" mais il a également vieilli: on dit, "S'asseoir." Quelquefois on dit encore, en poésie et dans le langage familier, "Sieds-toi."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Être convenable à la personne, à la condition, au lieu, au temps, etc. Ce verbe, dont l'infinitif n'est plus en usage, ne s'emploie que dans certains temps, et toujours à la troisième personne du singulier ou du pluriel. "Il sied, ils siéent, il seyait, il siérait, il siéra." Il n'a point de temps composés. "Il faut voir si cela vous sied ou ne vous sied pas. Cela vous sied à merveille. Les couleurs trop voyantes ne vous siéront pas. Cet habit vous sied bien, vous sied mal. La coiffure que cette dame portait lui seyait mal." Il s'emploie aussi au participe présent. "Ces couleurs vous seyant si bien, vous devez les préférer à d'autres."
Il est souvent impersonnel. "Il sied mal à un homme en place d'être léger dans ses discours. Il ne vous sied pas de contrarier votre père. Il sied, il sied bien à un homme si sage de donner des conseils de sagesse." Ironiquement, "Il vous sied bien de vouloir réformer les autres."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Être assis, être dans une posture où le corps porte sur les fesses. Il n'est plus en usage qu'à ses participes, "Séant et sis. Voyez" Séant et Sis.
On le disoit aussi autrefois avec le pronom personnel, "Se ;" mais il est pareillement vieux. On dit, "S'asseoir".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Être convenable à la personne, à la condition, au lieu, au temps, etc. Ce verbe, dont l'infinitif n'est plus en usage, ne s'emploie que dans certains temps, et toujours à la troisième personne du singulier ou du pluriel. "Il sied, ils siéent, il seyoit, il siéroit, il siéra". Il n'a point de temps composés. Il faut voir si cela vous sied ou ne vous sied pas. Cela vous sied à merveille. Les couleurs trop voyantes ne vous siéront pas. Cet habit vous sied bien "vous sied mal. La coiffure que cette Dame portoit, lui seyoit mal". Il se dit aussi au gérondif. "Ces couleurs vous seyant si bien, vous auriez tort d'en porter d'autres".
Il est aussi impersonnel: "Il vous sied bien de réformer les autres;" et dans cette phrase, "il vous sied bien," est ironique. "Il sied mal à un homme en place d'être léger dans ses discours". SEP



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Être assis, être dans une posture où le corps porte sur les fesses. Il n'est plus en usage qu'à ses participes, "Séant" & "Sis. Voyez" SÉANT & SIS.
On le disoit aussi autrefois au réciproque, "Se ;" mais il est pareillement vieux. On dit, "S'asseoir."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Être convenable à la personne, à la condition, au lieu, au temps, &c. Ce verbe, dont l'infinitif n'est plus en usage, ne s'emploie que dans certains temps, & toujours à la troisième personne du singulier ou du pluriel. "Il sied, ils siéent, ils seyoit, il siéroit, il siéra." Il n'a point de temps composés. "Il faut voir si cela vous sied ou ne vous sied pas. Cela vous sied à merveille. Les couleurs trop voyantes ne vous siéront pas. Cet habit vous sied bien, vous sied mal. La coiffure que cette Dame portoit, lui seyoit mal." Il se dit aussi au gérondif. "Ces couleurs vous seyant si bien, vous auriez tort d'en porter d'autres."
Il est aussi impersonnel. "Il vous sied bien de réformer les autres. Il sied mal à un homme de qualité de se familiariser avec des valets."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Soar".] 1°. Être assis. En ce sens, il n'est plus en usage que dans ses participes, "séant" et "sis". Aûtrefois, on disait, il "se sied", nous "nous séyons". 'St. Louis "se séyoit" auprês d'un chêne pour entendre les parties, "etc."
- 2°. Être convenable. Il est du bon usage en ce sens; mais il n'a point d'infinitif et il ne s'emploie qu'aux troisièmes persones. Souvent même il est "impersonel". 'Il "sied", ils "siéent", il "séyoit", il "sieroit", il "siera". 'Cet habit "vous sied", "vous séyoit" bien, "etc." '"Il vous sied bien de" me le "reprocher;" ce qui se dit ironiquement pour dire, il ne vous sied pas, il ne vous convient pas.
   "Il vous sied bien d'avoir" l'impertinence
   De refuser un mari de ma main.
       Nanine.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Estre placé sur quelque siege, estre dans une posture où tout le corps repose sur les fesses & sur le haut des cuisses. Il est vieux.
Il est aussi n. p. "Seyez-vous, seyons-nous, faites le seoir. je me sieray quand on me l'ordonnera".
Il signifie aussi, Estre convenable, soit à la personne, soit à la condition, au lieu, au temps, &c. Il ne s'employe que dans certains temps du verbe. "Il faut voir si cela vous sied ou ne vous sied pas. cela vous sied à merveilles. les couleurs trop voyantes ne vous sieront pas. cet habit vous sied bien, vous sied mal. la coiffure que cette Dame portoit luy sieoit mal. la fierté sied bien aux belles personnes".
Il est quelquefois impersonnel. "Il vous sied bien de reformer les autres. il sied mal à un homme de qualité de se familiariser avec des valets".




Emplacement dans le dictionnaire :

sentier
sentiment
sentimental
sentimentalement
sentimentalisme
sentimentalité
sentine
sentinelle
sentir

sep
sep
sépale
sépaloïde
separable
séparable
séparage
séparant
separation
séparation
séparatisme


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